Meunerie

 

 

III. La mouture de blé tendre classique : principes et repères fondamentaux (suite)

 

2. Objectifs

 

21. Objectif technologique

L'objectif de la mouture consiste à séparer l’amande farineuse du son et du germe, puis la réduction de l’amande en farine. Pour obtenir ce résultat, il faut que le blé soit industriellement pur (nécessité d'un nettoyage) et préparé d’une façon optimum (incorporation d’eau suivie d’un temps de repos adéquat et différenciation à faire entre blé hard, blé médium et blé soft).

 

Fig. III.2.1

Grain de blé et produits de mouture

 

Assise protéique : cette dernière constitue, en fait, la première assise de l’endosperme, mais par la nature cellulosique de ses parois, elle s’apparente beaucoup plus aux enveloppes auxquelles elle est intimement soudée, qu’à l’amande farineuse.

Le procédé classique permet d'ouvrir le grain pour réduire l'amande de l’intérieur vers l’extérieur. Un autre procédé (appelé procédé TRIGOTEC OU PERITEC) permet après incorporation d’eau (3 à 4 %)  et un temps de repos court, de travailler ou usiner le grain de l’extérieur vers l’intérieur (création d’un phénomène d’abrasion sur les enveloppes).

 

22. Objectif économique : coût de production de la farine

Sachant que la matière première représente environ 80 % du coût de production, l’objectif est de produire de la farine dans des conditions économiques les plus favorables, avec un investissement minimum et une consommation minimum de la force motrice. En conséquence, il faut, dans une certaine mesure, acheter le blé au bon moment, même s’il est vrai que le gain de la force motrice (comprise dans les 20% environ) peut augmenter ou diminuer le coût de production.

 

23. Réalité technique

Le rendement technique de la farine par rapport au premier broyeur (blé exempt d’impuretés + eau) se situe dans la fourchette de 75 % à 80 %, avec une moyenne à 78 %. Les gros sons représentent environ 7%, les fins sons 6 %, les remoulages bis 5 %, les remoulages blancs 2%, avec une freinte de 2 % (représentée par une évaporation d’eau ).

La farine représente le produit pulvérulent qui résulte de la réduction de l’amande du grain de blé et qui comporte le moins possible de fragments de la périphérie du grain de blé. La grosseur de la farine appelée granulométrie de la farine est liée dans une certaine mesure à la qualité du blé (voir les farines de passages).

 

Fig. III.2.2

Fractions de mouture

 

24. Fragmentation, fractionnement, séparation des grains par voie sèche

La mouture du grain (blé tendre) peut se résumer en 3 opérations techniques : la fragmentation, le fractionnement et la séparation.

La fragmentation consiste à réduire la granulométrie moyenne des particules et ce, sans ségrégation entre les tissus.

Le fractionnement se propose de dissocier des tissus sans forcément réduire la granulométrie moyenne des produits.

La séparation permet la classification des produits obtenus (après fragmentation et fractionnement) par la différence de la taille ou la dimension (opération de calibrage et division suivant la granulométrie différente des particules par tamisage) et de leurs propriétés aérodynamiques (épuration des semoules par sassage).

Les deux premières opérations permettent en mouture de blé tendre, d'une part de dissocier ou séparer l'amande des enveloppes (broyage) et d'autre part réduire l'amande constituée par les semoules, finots et gruaux en farine (claquage et convertissage).

Il existe en mouture de blé dur une opération intermédiaire (désagrégeage) qui permet de fractionner les semoules vêtues.

La mouture proprement dite nécessite plusieurs opérations unitaires (broyage, claquage, convertissage) qui forment un cycle que l'on consigne dans un diagramme.

 

241. Action mécanique du broyage

L'action mécanique du broyage peut se décomposer en 2 actions élémentaires : la compression et le cisaillement.

La compression permet de réduire le grain entier ou des fragments d'amande en poudre. Cet effet est recherché en mouture de blé tendre pour la production de farine et la séparation amande sur enveloppes. La différence d'élasticité entre l'amande et les enveloppes permet de les séparer au cours d'une opération qui se nomme le "claquage".

Le cisaillement se produit grâce à la différence de vitesse entre les cylindres cannelés d'un broyeur, combiné avec l'inclinaison des cannelures. Les fragments d'amande ou de semoules sont retenus par des cannelures du cylindre lent pendant que les cannelures du cylindre rapide exercent un cisaillement des fragments d'enveloppe recouvrant l'amande. L'effet de cisaillement est recherché dans le cadre de la semoulerie car il permet de ménager les fragments de semoule, limitant la production de farine.

 

242. Effets de l'orientation ou position des cannelures

La position tranchant sur ou contre tranchant "T/T" augmente l'effet de cisaillement et permet une mouture ronde (production de semoules, gruaux et farine).

La position dos sur ou contre dos "D/D" favorise la compression, soit une production de farine plus importante et un effet de désagrégeage des semoules.

Les positions tranchant sur dos "T/D" et dos sur tranchant "D/T" sont peu utilisées, cependant la position "T/D" peut favoriser l'écurage du son, la position "D/T" peut-être utilisée en mouture de seigle et restreindre la formation de gruaux.

 

243. Paramètres influençant le broyage

Tableau III.2.1

Paramètres modifiés

Effets sur le système de mouture

Diamètre des cylindres

·   débit des appareils à cylindres

·   espace réducteur

·   force de compression

Ecartement des cylindres

·   débit des appareils à cylindres

·   espace réducteur

·   force de compression

·   énergie de broyage

Vitesse linéaire des cylindres

·   débit des appareils à cylindres

·   force de cisaillement

·   énergie de broyage

Vitesse différentielle

·   force de cisaillement

·   énergie de broyage

Nature de la surface des cylindres :

lisse

 

 

cannelés

 

·   force de compression

·   énergie de broyage

 

·   force de cisaillement "T/T"

·   force de compression  "D/D"

·   énergie de broyage

nombre de cannelures

·   espace réducteur

·   intensité du cisaillement

angle d'inclinaison des cannelures

·   espace réducteur

·   force de cisaillement

Débit d'alimentation

(vitesse linéaire et hauteur de la couche de produit)

·   débit des appareils à cylindres

·   énergie de broyage

 

La farine représente le produit pulvérulent qui résulte de la réduction de l’amande du grain de blé et qui comporte le moins possible de fragments de la périphérie du grain de blé. La grosseur de la farine appelée granulométrie de la farine est liée dans une certaine mesure à la qualité du blé (voir les farines de passages).

 

3. Schéma général de la mouture de blé tendre

 

Fig. III.3.1

Schéma général de la mouture de blé tendre

 

 

Chapitre réalisé par Yvon Bourson, professeur de technologie céréalière.

 

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